DERNIÈRE JOURNÉE D’ÉTUDE
5ième édition – Vendredi 12 juin 2015
LES ATTACHEMENTS – VERS DES LIENS QUI LIBÈRENT *
* Expression de Bernard Maris lors de la création des éditions « Les Liens qui Libèrent » L.L.L. 2009.
À l’arrière-plan de la question de la séparation se trouve la question de l’attachement. Mais ce n’est pas simplement d’attachement tel qu’on l’a abordé classiquement, ce sont des histoires d’attachement sur lesquelles se découpent des histoires de séparations intempestives, de séparations dictées par l’institution judiciaire ; séparations dont tous les effets supposent nécessairement qu’il y ait des attachements […]
PRÉSENTATION
Il nous a semblé que cette question des attachements, au pluriel, pouvait être une des questions à travailler et à reprendre sous l’angle de la pratique institutionnelle, telle qu’elle est à l’œuvre aujourd’hui, mais éclairée par les différents théoriciens qui l’ont travaillée. Il y a des histoires d’attachement, des récits d’attachement, qui ont été évoqués lors de précédentes journées d’études, et ces récits et ces histoires, donnent lieu bien souvent à des craintes ; par exemple, une assistante familiale a dit : « D’une certaine manière, il faut s’attacher, mais pas trop et, quand même, à un moment, on est piégé par l’attachement qu’on a avec un enfant et d’où, après, le drame. » Il nous est apparu, après coup, que nous avons commencé à travailler la question des séparations, mais que son supposé ou son présupposé, à savoir « les attachements », était au fond le postulat du départ.
Nous avons commencé par là où s’introduisaient des ruptures, et ces ruptures se faisaient sur quelque chose, quand même, qui a pu se construire ou mal se construire, où, même quand c’est mal construit, il y a déjà une construction.
Et puis il y a aussi ce qui est inoubliable d’un certain attachement qui, même lorsqu’il est pathologique, ou maltraitant, laisse une trace chez l’enfant, et nous devons faire avec ça. Et ça, on ne peut pas l’abolir et on doit travailler, faire avec.
Ce furent nos conclusions de la journée d’étude de 2014. Voilà, pour 2015, notre proposition : travailler autour des attachements et pas seulement de l’attachement tel que l’a pensé Bowlby, il y a la question de l’attachement dans l’institution elle-même, dans nos institutions, et il faut entendre l’attachement, pas seulement d’ailleurs avec les enfants, mais avec les assistantes familiales, avec les travailleurs entre eux, ce qui n’est quand même pas une petite chose.
Et nous nous demandons, avec vous, si cette question nouée, des séparations et des attachements, n’est pas quelque chose qui provoque peut-être les plus grandes angoisses chez les professionnels, dans leur travail, et si, peut-être, là, on peut s’attaquer à ces questions.
Ce sont toutes ces questions que nous avons ordonné autour de cinq ateliers nourris des expériences quotidiennes des participants à cette journée. Vous pouvez télécharger les actes de la journée d’étude 2015 (lien hypertexte vers un PDF).
JOURNÉES D’ÉTUDE 2011-2014
2014 • 4ième édition
Les maladies de la séparation – 2/2
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Cette journée est la seconde sur le thème des « maladies de la séparation », à l’issue de laquelle nous avions proposé d’ouvrir des ateliers de transmissions des pratiques et d’élaborations pluridisciplinaires en groupes restreints.
La journée se déclinera plus particulièrement sous l’angle de « l’accueil, des attentes conscientes, du désir », chez les professionnels, assistants familiaux, psychologues, éducateurs, etc., en donnant la parole aux équipes de l’association et aux équipes présentes lors de la première journée.
Aujourd’hui plus que jamais, dans ce climat de défiance active aux approches cliniques humanisantes, il importe de susciter des transmissions d’expériences autour du soin et de l’éducation, en mettant en valeur les forces de réparation psychique qui peuvent se déplier grâce à certains lieux de soin et d’éducation.
Les intervenants de la journée de 2013 ont accepté de participer à la journée de 2014 et y occuperont une autre place, celle de témoins de la première journée, de participants aux travaux des groupes et de contributeurs à une table ronde finale.
En répétant le vœux exprimé l’an passé, cette journée sera, dans le prolongement de 2013, une journée d’engagement, au service de la cause des enfants et de la cause du sujet.
Nous sollicitons et espérons donc à nouveau votre participation active à nos travaux. Bonne journée de travail et merci à vous !
Jack DROULOUT
Vice-président chargé de la recherche et la formation
2013 • 3ième édition
Les maladies de la séparation – 1/2
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Cette journée consacrée aux «maladies de la séparation» s’adresse aux personnes exerçant des professions des champs sociaux, éducatifs et du soin.
L’objectif de cette journée est d’ouvrir un espace d’élaboration, commun aux professionnels présents, qui s’inscrirait dans le temps et s’articulerait autour d’expériences théorico-pratiques, de nouvelles pistes de recherches sur la thématique et de témoignages.
Les incidences psychiques des séparations précoces ont été étudiées par de nombreux psychanalystes, parmi lesquels Jenny Aubry. Cette clinicienne a su démontrer le poids des carences psychiques sur le devenir des enfants et la nécessité d’une prise en charge psychothérapeutique précoce. Cette idée, novatrice et subversive, s’est progressivement imposée, à tel point qu’il est devenu évident qu’un enfant bien accompagné dans un travail précoce, peut, en dépit des violences, des arrachements et des privations vécus, trouver des points d’appui. Ces derniers lui permettront ensuite d’accéder à un développement non déficitaire et non dangereux pour lui et les autres.
On considère que les «maladies de la séparation» peuvent inclure les trajectoires singulières et les dynamiques familiales qui sont atteintes par un empêchement de séparation. L’élaboration de cette séparation s’avère nécessaire à la construction de l’identité et du sentiment d’unicité du sujet.
«L’empêchement de séparation psychique» est aussi une conséquence brutale de l’arrachement et de la privation des liens.
Alors, qu’en est-il aujourd’hui? Avec quelle culture du soin et de l’accompagnement pouvons-nous travailler encore dans un monde éducatif et comportementaliste qui fait l’impasse sur de tels enseignements ?
Il importe de susciter des transmissions d’expériences cliniques autour du soin et de l’éducation, en mettant en valeur les forces de réparation psychique qui peuvent se déplier grâce à certains lieux de soin et d’éducation.
Cette journée sera donc une journée d’engagement au service de la cause des enfants et de la cause du sujet. Dans un an, nous retravaillerons sur le même thème, à partir des travaux que présenteront les équipes associées à cette démarche, travaux centrés sur les projets et les dynamiques institutionnelles.
Nous espérons également contribuer à la constitution d’un réseau des lieux de soin et d’éducation sous l’égide de l’éthique du sujet.
2012 • 2ième édition
Questions sur les médiations
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Médiation, médiateur, média : des termes fréquemment utilisés dans le langage professionnel pour désigner des modes d’interventions ou des fonctions intermédiaires lors de situations ou de relations, souvent conflictuelles, parfois en crise, avec d’autres ou avec soi-même.
Mais, le sens apparemment commun que l’on donne à ces notions, semble bien éloigné du sens premier, de l’étymologie de la racine médium : milieu, moyen. Ainsi, le médiateur ou l’activité médiatrice serait-il la personne ou l’activité du « juste milieu » ?
En parlant des pratiques, élaborées depuis plusieurs années maintenant, par les équipes du C.A.F.S. et du S.E.S.S.A.D. de l’association Jenny AUBRY, nous formulons l’hypothèse qu’il s’agirait plutôt de triangulation et de la place du ou d’un tiers dans la relation d’aide (éducation et soin mêlés) que de juste milieu.
C’est cette hypothèse que nous avons souhaité mettre à l’épreuve de notre seconde rencontre associative, en présence et avec l’aide de nos invités
Nous interrogerons tout d’abord la pratique des « rencontres médiatisées » en écoutant ce que sont les attentes d’un juge des enfants et ce qui préside à sa décision d’ordonner ce type de rencontre, en écoutant aussi les récits faits par l’équipe du C.A.F.S. de sept années de pratique de ces rencontres, accompagnés des questions que ces professionnels se posent en permanence.
Nous nous arrêterons ensuite sur cette idée de « médiation artistique » et de son rapport au soin et à l’éducation.
Dans la proposition faite à un enfant de toucher de la terre, de prendre un pinceau et des couleurs, de s’emparer d’un instrument, de mettre son corps et sa voix en mouvement, quelles sont les attentes et quels sont les effets observés; avec ces questions sous-jacentes: l’éducateur est-il un artiste, l’artiste est-il un thérapeute, la matière elle-même possède-t-elle des vertus éducatives ou thérapeutiques ?
Avant même l’ouverture de notre S.E.S.S.A.D., nous avions souhaité que l’approche artistique soit concrètement présente dans notre projet et, qui plus est, agréée par les instances publiques.
Là de nouveau, ouvrons-nous aux récits des expériences et à l’élaboration avec notre équipe et nos invités et regardons ce qu’il en est aujourd’hui.
Ces deux séquences distinctes de travail auront une « trame conductrice » pour reprendre l’expression guide de notre première journée d’étude, celle de la construction chez le sujet, chez l’enfant souffrant, d’un rapport apaisé à soi et à la construction de ce que l’on nomme Altérité. Également celle de la tenue du cap chez les éducateurs et les soignants, face à la violence directe ou insidieuse des symptômes auxquels ils sont confrontés et à leur désir de soin.
Voilà notre ambition, nous vous invitons à la partager.
2011

